Le duel : le maïs vert face à face
Le maïs vert — du maïs ensilage récolté plante entière, tige et épi ensemble — est la culture qui n'arrive jamais dans une assiette. Il est haché, stocké et distribué aux vaches laitières et aux bovins à viande, ou chargé dans les méthaniseurs. Ce travail invisible en fait l'une des plus grandes cultures arables du continent : l'UE-27 a produit 245 333,5 milliers de tonnes en 2024 dans le jeu de données Eurostat apro_cpsh1.
L'Allemagne est le premier nom du duel : 90 925,6 milliers de tonnes en 2024, soit 37,1% de tout le maïs vert de l'UE. La France est deuxième avec 49 048,4 milliers de tonnes et 20,0%. La Pologne complète le podium avec 25 721,1 milliers de tonnes (10,5%), devant l'Italie à 22 667,1 (9,2%). Le Danemark, avec 11 216,2 milliers de tonnes et 4,6%, est le nom suivant de la liste.
Cette concentration est l'histoire. Deux pays produisent la matière première derrière une large part du lait, de la viande bovine et du biogaz européens. Les 10,5% polonais représentent environ la moitié des 20,0% français, et après les 4,6% danois, les parts suivantes du tableau tombent à 3,1%. Ce qui bouge en Allemagne ou en France déplace la moyenne européenne avec lui.
Production de maïs vert (code culture G3000) en 2024, jeu de données Eurostat apro_cpsh1. Les parts se rapportent au total UE-27 de 245 333,5 milliers de tonnes.
| Producteur | Maïs vert 2024 (1 000 t) | Part de l'UE-27 |
|---|---|---|
| Allemagne | 90 925,6 | 37,1% |
| France | 49 048,4 | 20,0% |
| Pologne | 25 721,1 | 10,5% |
| Italie | 22 667,1 | 9,2% |
| Danemark | 11 216,2 | 4,6% |
Le double moteur allemand : étables et méthaniseurs
L'Allemagne a ouvert la décennie à 87 218,9 milliers de tonnes en 2015 et l'a close à 90 925,6 en 2024 — un gain net de 4,2%, modeste pour le premier producteur d'Europe. Le chemin entre ces deux chiffres est tout sauf plat : 99 473,4 en 2017, un creux à 77 485,9 en 2018, puis un sommet décennal de 104 839,3 en 2021.
La récolte de 2022, à 73 206,7 milliers de tonnes, est le chiffre allemand le plus bas de la série. La sécheresse et la chaleur ont coupé la culture plante entière, et une culture d'ensilage ne se rattrape pas une fois la plante desséchée ; 2023 est remonté à 84 270,0 et 2024 à 90 925,6, si bien que les années creuses se lisent comme des événements météo, non comme un changement de direction.
Deux moteurs de demande expliquent ce volume. Les troupeaux laitiers et allaitants ont besoin d'ensilage tout l'hiver, et le parc de méthaniseurs allemand digère le maïs ensilage avec le lisier. Les rendements 2024 du tableau — 44,38 pour l'Allemagne contre 38,49 pour la France — signalent l'intensité de ce système. Ce que le jeu de données ne contient pas, c'est une répartition entre usage fourrager et usage énergétique : la part qui part vers les digesteurs ne se lit pas dans ces chiffres.
Production allemande de maïs vert, 2015-2024, jeu de données Eurostat apro_cpsh1.
| Année | Allemagne (1 000 t) |
|---|---|
| 2015 | 87 218,9 |
| 2016 | 92 087,7 |
| 2017 | 99 473,4 |
| 2018 | 77 485,9 |
| 2019 | 86 692,2 |
| 2020 | 97 486,7 |
| 2021 | 104 839,3 |
| 2022 | 73 206,7 |
| 2023 | 84 270,0 |
| 2024 | 90 925,6 |
La tradition française du maïs vert et là où elle s'efface
La France a commencé la décennie à 49 792,8 milliers de tonnes et l'a terminée à 49 048,4 — un recul net de 1,5% sur dix ans. Le plateau cache un vrai mouvement : un sommet de 54 542,1 en 2017, un niveau de 50 395,4 en 2021, puis le creux de 2022 à 39 271,5, le chiffre français le plus bas de la série.
Le rebond a été rapide — 49 726,1 en 2023, essentiellement de retour au niveau de 2015, puis 49 048,4 en 2024. La ceinture d'ensilage française suit sa ceinture laitière : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Grand Est, où le maïs ensilage constitue la ration d'hiver et alterne avec le blé et les prairies. Une décennie plate est cohérente avec un troupeau laitier qui ne s'étend plus : les hectares restent semés, mais la pression pour en ajouter s'est relâchée.
Pour les acheteurs européens, le rôle de la France est passé de challenger à stabilisateur. Elle conserve la deuxième place avec 20,0% de la production de l'UE, mais sa variation décennale est négative alors que celle de la Pologne est fortement positive — un producteur qui symbolisait la croissance du secteur symbolise désormais la fiabilité.
Production française de maïs vert, 2015-2024, jeu de données Eurostat apro_cpsh1.
| Année | France (1 000 t) |
|---|---|
| 2015 | 49 792,8 |
| 2016 | 46 485,5 |
| 2017 | 54 542,1 |
| 2018 | 48 810,1 |
| 2019 | 46 827,3 |
| 2020 | 44 887,5 |
| 2021 | 50 395,4 |
| 2022 | 39 271,5 |
| 2023 | 49 726,1 |
| 2024 | 49 048,4 |
Le gâteau qui grossit : pourquoi la production a grimpé de 11% en une décennie
Le total UE-27 est passé de 220 155,9 milliers de tonnes en 2015 à 245 333,5 en 2024, un gain net de 11,4% — le maïs vert est l'une des rares grandes cultures de plein champ de l'UE à avoir progressé sur la décennie. La série n'est jamais descendue sous son niveau d'ouverture : même 2022, malmenée par la météo, est restée à 218 236,2, à moins de 1% de 2015. Le sommet de 2021 était de 269 254,2 et la moyenne décennale de 240,6 millions de tonnes.
La croissance ne vient pas des deux leaders du duel. La Pologne a presque multiplié sa production, de 11 315,3 milliers de tonnes en 2015 à 25 721,1 en 2024, soit +127,3%, tandis que l'Italie a gagné 16,8%, de 19 405,9 à 22 667,1. L'Allemagne a contribué pour 4,2% et la France a perdu 1,5% ; les Pays-Bas ont terminé légèrement sous leur niveau d'ouverture, à 7 602,0 contre 7 964,0. Le gâteau européen qui grossit est surtout une histoire polonaise et italienne.
C'est aussi une histoire d'efficacité. L'UE a récolté le maïs vert sur 5 867,9 milliers d'hectares en 2024 contre 6 100,0 en 2015 — environ 3,8% de terre en moins pour 11,4% de récolte en plus. La série UE-27 est un agrégat publié chaque année de 2015 à 2024, et non une somme d'États membres, et elle est relativement régulière : un coefficient de variation de 6,5%, bien en dessous des oscillations annuelles de producteurs individuels comme l'Allemagne.
Production de maïs vert en 2015 et 2024 avec la variation décennale, jeu de données Eurostat apro_cpsh1.
| Producteur | 2015 (1 000 t) | 2024 (1 000 t) | Variation décennale |
|---|---|---|---|
| UE-27 | 220 155,9 | 245 333,5 | +11,4% |
| Pologne | 11 315,3 | 25 721,1 | +127,3% |
| Italie | 19 405,9 | 22 667,1 | +16,8% |
| Allemagne | 87 218,9 | 90 925,6 | +4,2% |
| France | 49 792,8 | 49 048,4 | -1,5% |
Ce que le duel signifie pour les prix du lait, de la viande et du biogaz
Le maïs vert est la moins chère des grandes sources d'énergie digestible pour une vache laitière et la matière première standard du méthaniseur à la ferme. Quand sa production oscille, les effets retombent sur les coûts des exploitations puis sur le prix du lait, de la viande bovine et du biogaz — mais pas mécaniquement, et pas immédiatement.
Commençons par ce que les données peuvent porter. La Pologne est le fournisseur en expansion : +127,3% sur la décennie, 25 721,1 milliers de tonnes en 2024, une offre qui n'existait pas en 2015. L'Italie, +16,8% à 22 667,1, renforce la même direction en Europe du Sud. L'Allemagne, le titulaire à 90 925,6 milliers de tonnes, n'a progressé que de 4,2% et porte la plus forte oscillation annuelle du groupe : son sommet de 104 839,3 en 2021 a cédé la place à 73 206,7 en 2022. La France, à 49 048,4 milliers de tonnes, est la deuxième source stable qui n'ajoute plus de volume.
Ce que le jeu de données ne peut pas porter, c'est toute affirmation sur les prix : apro_cpsh1 ne rapporte que des volumes et ne comporte aucune colonne de coût ou de prix. Une récolte allemande courte resserre la disponibilité d'ensilage pour les exploitations qui achètent du fourrage et pour les méthaniseurs qui achètent du maïs ; un excédent polonais la détend — mais l'ampleur de l'effet sur un chèque de lait dépend des marchés de l'énergie, des importations de fourrage et de la taille des silos de l'an dernier, dont rien ne figure dans ce tableau. Lisez ces volumes comme des signaux d'offre, pas comme des prix.
Variation décennale de la production de maïs vert et sa lecture en offre, jeu de données Eurostat apro_cpsh1. Le jeu de données ne contient aucune donnée de prix — ce sont des signaux de volume uniquement.
| Producteur | Variation décennale | Signal d'offre pour les acheteurs |
|---|---|---|
| Pologne | +127,3% | La source alternative en forte croissance, du volume chaque année |
| Italie | +16,8% | Expansion régulière en Europe du Sud |
| Allemagne | +4,2% | Le titulaire : croissance plate, plus forte oscillation annuelle |
| France | -1,5% | Deuxième source stable qui ne croît plus |
Frequently Asked Questions
Quel pays produit le plus de maïs vert dans l'UE ?
L'Allemagne, avec 90 925,6 milliers de tonnes en 2024 — 37,1% de tout le maïs vert de l'UE. La France est deuxième avec 49 048,4 milliers de tonnes (20,0%) et la Pologne troisième avec 25 721,1 milliers de tonnes (10,5%).
Combien de maïs vert l'Europe récolte-t-elle ?
L'UE-27 a produit 245 333,5 milliers de tonnes en 2024, soit 11,4% de plus que les 220 155,9 milliers de tonnes de 2015. La moyenne décennale est de 240,6 millions de tonnes et l'année la plus faible de la série est 2022, à 218 236,2 milliers de tonnes.
Pourquoi la production de maïs vert augmente-t-elle ?
La croissance est surtout polonaise et italienne : la Pologne a gagné 127,3% sur la décennie, de 11 315,3 à 25 721,1 milliers de tonnes, et l'Italie 16,8%, de 19 405,9 à 22 667,1. L'Allemagne a ajouté 4,2% et la France a reculé de 1,5% — la hausse de 11,4% de l'UE vient donc de l'extérieur des deux premiers producteurs.
La production française de maïs vert recule-t-elle ?
Légèrement. La France est passée de 49 792,8 milliers de tonnes en 2015 à 49 048,4 en 2024, une variation nette de -1,5%. La série comprend un sommet de 54 542,1 en 2017 et un creux de 39 271,5 en 2022, avec un rebond rapide à 49 726,1 en 2023.
Source data extracted from Eurostat dataset apro_cpsh1.
This article was generated using AI. The content is based on Eurostat data and is provided as a starting point — please verify all data with the original source.


